Question
Que doit faire un croyant si son conjoint choisit de vivre selon un mode de vie transgenre ?
Réponse
Les débats sur la dysphorie de genre et le transsexualisme imprègnent les communautés laïques et chrétiennes depuis plusieurs années déjà. Les discussions se poursuivent pour savoir ce qu’est le transgenre, s’il résulte d’un péché ou d’une maladie mentale, et même si les chrétiens doivent utiliser les pronoms préférés d’une personne.
Les ministères chrétiens sont assez efficaces pour aider les parents dont les enfants se considèrent comme transgenres. Il est toutefois rare que les communautés laïques ou chrétiennes s’adressent au conjoint d’une personne qui s’identifie comme transgenre. Or, il s’agit d’un véritable problème. Que doit faire un chrétien si son conjoint lui révèle qu’il ou elle est transgenre ? La réponse est aussi difficile que la situation.
Tout d’abord, une définition des termes :
Transgenre : personne qui estime que son sexe biologique ne correspond pas à son identité de genre.
Genre fluide : personne qui estime que son identité de genre évolue.
Non binaire/genderqueer : personne qui estime que son identité de genre ne correspond pas aux normes masculines/féminines.
Dysphorie de genre : état d’anxiété et de dépression causé par le sentiment que son identité de genre ne correspond pas à son sexe de naissance.
Actuellement, aux États-Unis, le statut de personne transgenre est protégé par la loi. Cela signifie qu’une personne qui s’identifie comme transgenre, qu’elle ait subi ou non une chirurgie de réassignation, n’est pas tenue d’en informer son futur conjoint. Tout comme les personnes attirées par le même sexe, certaines personnes souffrant de dysphorie de genre se marient avec une personne du sexe opposé en croyant que cela les " guérira " ou, au moins, leur fournira une couverture pour cacher leurs difficultés. D’autres révèlent leurs sentiments à leur futur conjoint mais promettent de conserver leur sexe biologique et de suivre une thérapie — pour ensuite revenir sur leur promesse. Et une opération de changement de sexe, effectuée après le mariage, ne constitue pas un motif légal d’annulation du mariage.
À un moment donné, une personne transgenre peut décider de vivre selon le genre auquel elle s’identifie, plutôt que selon son genre de naissance, tout en souhaitant rester mariée. Cela peut être dévastateur pour le conjoint qui s’est marié de bonne foi et qui pensait vivre un mariage traditionnel avec un partenaire pieux. Il peut se sentir abandonné, trahi et trompé. Il peut même avoir l’impression que son propre genre et sa sexualité sont attaqués. C’est une période incroyablement solitaire et difficile. L’un des conjoints exulte dans la liberté d’" être qui il est ", tandis que l’autre a l’impression que son conjoint est mort et qu’il n’a pas le droit de faire son deuil. À la place, quelqu’un de nouveau s’est installé, un quasi-étranger, qui souhaite une relation identique ou similaire.
Nous tenons à préciser que cet article ne traite pas des signes avant-coureurs de mariages potentiellement imprudents ; des personnes bienveillantes s’engagent dans des mariages dont elles savent qu’ils comporteront de sérieux défis au quotidien, et pointer du doigt après coup n’est d’aucune aide. Lorsque la personne transgenre souhaite rester mariée, son conjoint doit déterminer ce que Dieu attend de lui, que ce soit dans le célibat ou la monogamie. Il y a au moins quatre questions majeures à prendre en compte :
La réponse culturelle au transgenre
On considère qu’il existe trois prismes à travers lesquels la culture perçoit la condition transgenre :
1. L’intégrité. Il s’agit de la vision selon laquelle Dieu a créé l’homme et la femme, et quiconque se présente comme le sexe opposé commet un péché délibéré (Deutéronome 22:5).
2. Le handicap. Cette vision considère le transgenre et la dysphorie de genre qui en résulte comme des maladies mentales, causées par la chute et la détérioration continue de la création de Dieu. La personne n’est pas plus dans le péché pour avoir cette condition qu’une personne souffrant de dépression ou d’un trouble de la personnalité ; cependant, si elle agit selon ses sentiments en s’habillant comme le sexe opposé, en se présentant comme le sexe opposé ou en subissant une chirurgie de réassignation, elle choisit de pécher.
3. Diversité. Il s’agit de l’acceptation, voire de la célébration, du transgenre. Une personne ayant cette " vision " encouragerait la personne transgenre à exprimer le genre qu’elle ressent comme elle l’entend et à prendre sa place au sein de la communauté transgenre.
Un point de vue biblique intégrerait des éléments issus des perspectives de l’intégrité et du handicap, tout en reconnaissant le besoin de communauté que la diversité prétend satisfaire. Il se peut très bien que le transgenre dépende d' une influence chimique, hormonale ou biologique. Bien sûr, il peut aussi avoir une origine psychologique, comme dans le cas d’une femme qui a été maltraitée dans son enfance et qui croit inconsciemment qu’elle sera plus en sécurité en étant un homme. En même temps, la Bible affirme clairement que Dieu a créé les êtres humains comme hommes ou femmes, et qu’Il attend de nous que nous vivions selon le genre qu’Il a déterminé pour nous.
La clause d’" abandon "
Une autre question à prendre en compte est la clause d’" abandon " prévue par les Écritures en matière de divorce. 1 Corinthiens 7:15 déclare : "Si le non-croyant veut se séparer, qu’il le fasse ; le frère ou la sœur n’est pas lié dans un tel cas. Dieu nous a appelés à vivre en paix."
Aujourd’hui, les chrétiens interprètent le terme " abandon " de plusieurs manières :
1. Le refus d’avoir des relations sexuelles avec son conjoint ;
2. Une dépendance, notamment à la pornographie, aux drogues ou à l’alcool ;
3. Une maladie mentale grave ;
4. Un détachement émotionnel ;
5. Le refus de subvenir aux besoins financiers ;
6. Un péché continu et sans repentance ;
7. Un abandon physique réel, dans lequel le conjoint quitte le domicile.
Un tel élargissement libéral de la définition de l’abandon sert ceux qui souhaitent que Dieu valide leur choix de quitter un mariage malheureux. Si toutefois il n’y a pas d’adultère, d’abandon ou de maltraitance au sens littéral, la norme biblique ne s’applique pas. La question est : s’applique-t-elle à quelqu’un qui choisit de se présenter comme un genre différent, avec ou sans chirurgie et hormones ?
" Changement de sexe "
Une personne qui a révélé son identité transgenre et a choisi de vivre selon ce mode de vie peut-elle être considérée comme une personne différente ? Certains membres de la communauté transgenre le croient et se sentent offensés lorsque quelqu’un utilise leur nom de naissance alors qu’ils ont fait savoir qu’ils souhaitaient être appelés par un nouveau nom — utiliser l’ancien nom de la personne, " Thomas ", au lieu du nom qu’elle a choisi, " Betty ", est considéré et jugé provocateur par de nombreux transgenres.
Une fois encore, les chrétiens ont des interprétations différentes :
1. La personne a bel et bien changé depuis son mariage. Elle est désormais du sexe opposé, et le mariage est désormais un mariage entre personnes du même sexe, ce que la Bible ne reconnaît pas.
2. Le genre est une question de biologie, et non de perception ou de modification humaine. Le mariage est toujours entre un homme et une femme, même si l’un des conjoints refuse d’accepter son statut.
Le cœur du conjoint croyant
L’état mental et émotionnel du conjoint croyant est un élément important à prendre en compte. Il se peut qu’il aime toujours profondément son partenaire ; il se peut qu’il ait le sentiment qu’ils se sont éloignés l’un de l’autre depuis des années. Il se peut qu’il soit entouré d’une famille et d’une église aimantes et solidaires ; il se peut qu’il se sente seul, trop honteux ou effrayé pour en parler à qui que ce soit. Il ou elle peut être disposé(e) à considérer son conjoint comme un(e) ami(e) atteint(e) d’une maladie mentale qu’il ou elle peut soutenir et, espérons-le, encourager à se réconcilier avec Dieu et à redevenir ce que Dieu à voulu qu'il ou elle soit; il ou elle peut être tellement bouleversé(e) qu’il ou elle ne supporte pas de regarder la personne qu’il ou elle a aimée autrefois — ou qu’il ou elle aime toujours.
Espérons que le conjoint croyant trouvera un réseau de soutien pieux. Le groupe de soutien peut l’aider à comprendre qu’il n’est pas responsable des choix de l’autre et qu’il peut continuer à faire confiance à l’amour et à l’affirmation de Dieu.
Les choix
Le conjoint croyant d’une personne transgenre doit choisir parmi trois réponses fondamentales :
1. Rester au foyer et maintenir la relation, en se présentant comme un couple marié, avec l’intention d’encourager le conjoint transgenre à revenir vers Dieu et à guérir.
2. Se séparer, légalement ou de manière informelle. Le contact peut varier, allant du maintien d’une amitié étroite dans l’espoir d’une réconciliation à une rupture totale de la communication.
3. Demander le divorce.
Nos suggestions
Ces situations sont complexes ; la personnalité, les structures de soutien, la présence d’enfants et le niveau de maturité spirituelle entrent tous en jeu. Il n’existe pas de solution unique. Le conjoint croyant devra prier avec ferveur pour obtenir de Dieu la sagesse et la force nécessaires, et suivre Sa volonté (Jacques 1:5). Au-delà de cela, nous vous proposons humblement ces suggestions :
1. Si la personne transgenre limite l’expression de sa transidentité à des situations privées à la maison, le conjoint croyant devrait envisager de rester et de rechercher un accompagnement. De même, si la personne transgenre refuse les relations sexuelles ou la chaleur affective, le croyant devrait chercher de l’aide, mais il n’y a pas encore de raison biblique de se séparer.
2. Si le conjoint transgenre décide de s’habiller et de se présenter en public d’une manière contraire à son sexe biologique, et que le conjoint croyant décide de rester dans l’espoir d’encourager son partenaire vers la réconciliation, c’est un choix valable. Si le conjoint croyant n’a pas les ressources émotionnelles, la maturité spirituelle ou le réseau de soutien nécessaires pour rester, ou si le partenaire refuse de se repentir et de rechercher la réconciliation avec Dieu, la séparation serait alors justifiée.
3. Si le conjoint subit une opération de changement de sexe, le conjoint croyant devrait se séparer. Si la personne transgenre refuse de changer son mode de vie ou de se repentir et de rechercher la réconciliation avec Dieu, nous suggérons que le conjoint croyant soit libre d’engager une procédure de divorce. Les croyants doivent garder à l’esprit que, quelle qu’en soit la cause, le divorce doit être une solution de dernier recours. Le divorce ne doit jamais être engagé dans le but de trouver un autre partenaire. Tout croyant qui divorce doit partir du principe qu’il restera célibataire ou se réconciliera avec son conjoint.
4. Si la personne transgenre commet l’adultère ou quitte physiquement la famille, la situation relève des clauses relatives à l’adultère et à l’abandon.
5. Si la personne transgenre demande le divorce, le croyant est libéré du mariage (1 Corinthiens 7:15).
Nous reconnaissons que les croyants pieux auront des opinions différentes quant à la réponse biblique. Nous prions pour que tous les croyants aiment et soutiennent toutes les personnes touchées par le transgenre d’une manière qui manifeste l’amour du Christ.
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Que doit faire un croyant si son conjoint choisit de vivre selon un mode de vie transgenre ?
