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Question

Qu’est-ce que la christianisation ?

Réponse


La christianisation désigne le processus par lequel une personne, une pratique ou une collectivité est rendue " chrétienne ". Lorsqu’une nation adopte le christianisme comme religion officielle ou prédominante, sous l’égide d’un souverain lui-même chrétien, elle est alors considérée comme christianisée. Cette notion de christianisation d’un territoire ne figure pas explicitement dans la Bible. La Bible met l’accent sur l’évangélisation, c’est-à-dire le partage de l’Évangile, mais non sur des campagnes de christianisation politiques ou militaires, qui ont malheureusement inclus, au fil de l’histoire, des baptêmes forcés et la récitation obligatoire de symboles de foi. La christianisation peut également désigner l’appropriation d’une pratique, d’un édifice ou d’une fête païenne en vue de l’utiliser à des fins chrétiennes. Il est ainsi possible que certains rituels païens aient été christianisés pour être intégrés dans les célébrations modernes de Noël, par exemple.

L’un des premiers exemples de christianisation à l’échelle nationale s’est produit sous l’empereur Constantin. Il est peu probable que Constantin ait été chrétien pendant la majeure partie de sa vie, bien qu’il se soit peut-être converti à un âge avancé (dc Talk et Voice of the Martyrs, Jesus Freaks : Volume II, Bethany House, 2002, p. 230). Constantin mit fin à la persécution dont les chrétiens avaient été victimes sous les empereurs romains précédents et favorisa le christianisme, tout en autorisant la poursuite des pratiques religieuses païennes. Bien que l’empereur n’ait pas cherché spécifiquement à rendre son empire " chrétien ", il est considéré comme l’un des premiers souverains à avoir autorisé le christianisme dans l’Empire romain et à avoir encouragé son essor.

Plus tard, d’autres souverains, tels que le roi franc Clovis Ier et le prince Vladimir de la Rus’ de Kiev, ont cherché à christianiser l’ensemble de leurs royaumes. Contrairement à Constantin, ces souverains ne toléraient pas le paganisme car ils souhaitaient promouvoir l’unité politique. Richard Fletcher, professeur d’histoire à l’université de York, déclare dans une interview accordée à Christian History : " Ce n’est qu’à partir du royaume franc de Charlemagne, au VIIIe siècle, que l’on voit la force utilisée pour contraindre à la conversion, en particulier dans la campagne contre les Saxons " (" Interview — Converting by the Sword ", numéro 63, 1999). Des baptêmes collectifs étaient alors organisés afin de christianiser les sujets des rois et des dirigeants catholiques romains à l’époque médiévale.

Il est évident que la christianisation forcée n’est pas conforme à la Bible, car on ne peut contraindre les cœurs à croire en Jésus. Le salut est un don de Dieu par sa grâce, et chacun doit accueillir ce don librement et volontairement (Éphésiens 2:8-9). Ceux qui ont subi des conversions forcées ont peut-être confessé qu’ils étaient chrétiens, mais cela ne signifie pas qu’ils croyaient en Christ. Les Écritures soulignent l’importance de la correspondance entre la foi du cœur et les paroles de la bouche : " Si tu confesses de ta bouche que Jésus est Seigneur et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé " (Romains 10:9).

Afin de favoriser la christianisation de la population, de nombreux dirigeants ont eu recours au syncrétisme pour faire appel aux traditions païennes locales. Les sujets païens qui se " convertissaient " au christianisme ajoutaient souvent simplement Jésus à la liste des dieux qu’ils vénéraient déjà. Bien que la présence continue du christianisme ait finalement conduit de nombreuses personnes à placer véritablement leur foi en Jésus, la conversion rapide et forcée des païens n’a pas réussi, au départ, à les amener à Christ (Fletcher, op. cit.). Or, comme le rappelle l’Écriture, " Tu ne te feras point d’image taillée, ni aucune ressemblance de ce qui est dans les cieux en haut, ou sur la terre en bas, ou dans les eaux au-dessous de la terre ; tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point " (Exode 20:3) et " Nul ne peut servir deux maîtres ; car ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon " (Matthieu 6:24).

L’aspect le plus controversé de la christianisation fut sans doute la menace de violence qui pesait sur ceux qui refusaient la " conversion ". De nombreux explorateurs européens, tels que Christophe Colomb, estimaient que l’extension des frontières d’une nation " équivalait à étendre le christianisme ; conquérir et asservir de nouvelles terres revenait à répandre l’Évangile " (Kevin Miller, " Why Did Columbus Sail ? ", Christian History, numéro 35, 1992). Les conquistadors envahissaient un territoire, capturaient des peuples entiers, puis imposaient la christianisation aux indigènes : " Les survivants n’avaient d’autre choix que de se soumettre au sacrement du baptême et de devenir chrétiens. L’Amérique latine, de loin la région la plus christianisée du monde entier, est restée très catholique depuis lors " (Dyron Daughrity, Roots : Uncovering Why We Do What We Do in Church, chapitre 2, ACU Press, 2016).

Bien que l’on puisse affirmer que la christianisation non coercitive a eu certains effets positifs, en rendant l’Évangile facilement accessible et en assurant une présence chrétienne, elle n’est pas entièrement positive. Il demeure toutefois un risque non négligeable : modifier son comportement afin de se conformer à un changement culturel sans pour autant convertir son cœur. Comme le rappelle Jesus Freaks : Volume II, " Lorsque le christianisme est passé de la persécution à la mode, une tendance s’est développée qui représente encore aujourd’hui un défi pour les croyants : le christianisme culturel " (p. 230).

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