Question
Quelle est l’importance de la ville de Tyr dans la Bible ?
Réponse
On considère que Tyr est l’une des plus anciennes villes de la côte phénicienne, fondée bien avant que les Israélites n’entrent en terre de Canaan. Ésaïe confirme les origines anciennes de Tyr en parlant de "temps immémoriaux" (Ésaïe 23:5-7).
Tyr est située sur la côte méditerranéenne, juste au nord de Jérusalem, entre les montagnes du Liban et la mer Méditerranée, à environ 30 km au sud de Sidon et à 38 km au nord d’Acre. On considère que Sidon, la ville voisine, est la plus ancienne cité phénicienne, mais l’histoire de Tyr est plus prestigieuse. Le nom de Tyr (Tzor en hébreu) signifie "rocher", une description qui convient parfaitement à cette forteresse côtière rocheuse. Dans l’Antiquité, Tyr prospéra en tant que cité maritime et centre commercial très animé. Le produit d’exportation le plus précieux de la région était sa teinture pourpre, alors célèbre dans le monde entier.
À l’origine, la cité antique était divisée en deux parties : une vieille ville portuaire ("Vieille Tyr") située sur le continent et une petite île rocheuse à environ un 1 km au large de la côte, où résidait la majeure partie de la population ("Nouvelle Tyr" ou "Tyr insulaire"). L’île est reliée au continent depuis qu’Alexandre le Grand y fit construire une rampe de siège au IVe siècle av. J.-C. La chaussée s’est élargie au fil des siècles, donnant à Tyr sa configuration péninsulaire actuelle.
La Bible mentionne Tyr pour la première fois dans une liste de villes faisant partie de l’héritage de la tribu d’Aser (Josué 19:24–31). Fortifiée par une muraille, Tyr occupait une position extrêmement solide. C’était la seule ville de la liste décrite comme "forte" ou "fortifiée" (verset 29). Josué ne parvint pas à s’emparer de Tyr (Josué 13:3-4) et, de toute évidence, elle ne fut jamais conquise par les Israélites (2 Samuel 24:7).
À l’époque du règne du roi David, Israël avait conclu une alliance amicale avec Hiram, roi de Tyr. David fit appel à des maçons et à des charpentiers de Tyr, ainsi qu’aux cèdres de cette région, pour construire son palais (2 Samuel 5:11). Les relations pacifiques avec le roi Hiram se poursuivirent sous le règne de Salomon, la construction du temple à Jérusalem reposant en grande partie sur les approvisionnements, la main-d’œuvre et les artisans qualifiés de Tyr (1 Rois 5:1-14 ; 9:11 ; 2 Chroniques 2:3).
Israël continua d’entretenir des liens étroits avec Tyr sous le règne du roi Achab. Achab épousa la princesse phénicienne Jézabel, fille d’Ethbaal, roi de Sidon, et leur union entraîna l’infiltration du culte païen et de l’idolâtrie en Israël (1 Rois 16:31). Tyr et Sidon étaient toutes deux tristement célèbres pour leur méchanceté et leur idolâtrie, ce qui leur valut de nombreuses dénonciations de la part des prophètes d’Israël, qui prédirent la destruction finale de Tyr (Ésaïe 23:1 ; Jérémie 25:22 ; Ézéchiel 28:1-19 ; Joël 3:4 ; Amos 1:9-10 ; Zacharie 9:2-4). L’une des prophéties les plus détaillées concernant la chute de Tyr se trouve dans Ézéchiel : "Elles détruiront les murailles de Tyr, elles abattront ses tours et j'en balaierai la poussière. Je ferai d'elle un rocher nu. 5 Elle ne sera plus dans la mer qu’un endroit où l'on étendra les filets. En effet, c’est moi qui ai parlé, déclare le Seigneur, l'Eternel. Elle sera pillée par les nations" (Ézéchiel 26:4-5).
Après la restauration de Jérusalem à l’époque de Néhémie (vers 450 av. J.-C.), les habitants de Tyr enfreignirent le repos sabbatique en vendant leurs marchandises sur les marchés de Jérusalem (Néhémie 13:16). En 332 av. J.-C., après un siège de sept mois, Alexandre le Grand conquit Tyr, mettant fin à la domination politique phénicienne, mais la ville conserva sa puissance économique.
Dans le Nouveau Testament, Jésus cite Tyr comme exemple d’une ville impénitente (Matthieu 11:21–22 ; Luc 10:13). Jésus exerça également son ministère dans la région de Tyr et de Sidon, où il guérit la fille d’une femme cananéenne possédée par un démon (Matthieu 15:21-28).
La persécution qui s’ensuivit après la mort d’Étienne provoqua la dispersion des chrétiens de Jérusalem. C’est ainsi qu’une Église fut fondée à Tyr (Actes 11:19). Paul y passa une semaine avec les disciples lors du voyage de retour de son troisième voyage missionnaire (Actes 21:2-4).
En 1291, Tyr fut entièrement détruite par les Sarrasins, accomplissant ainsi la prophétie d’Ézéchiel 26. La ville resta inhabitée pendant les 300 années qui suivirent. En 1894, la population de Tyr était estimée à environ 200 personnes vivant dans un obscur village de pêcheurs. Plus récemment, le Liban s’est attaché à reconstruire Tyr et à en faire une attraction touristique. La ville compte aujourd’hui une population estimée à 135 000 habitants. Conformément aux prophéties, Tyr n’a jamais retrouvé le statut de superpuissance commerciale qu’elle détenait à l’époque d’Ézéchiel. L’ancienne Tyr a véritablement été dépouillée de sa gloire et de sa puissance, et la Tyr moderne n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était autrefois.
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