Question

Que dit la Bible au sujet du viol conjugal ?

Réponse
Le viol conjugal est une forme de violence domestique et d’abus sexuel. Dans le viol conjugal, l’un des conjoints impose des relations sexuelles à l’autre. Bien que la Bible n’aborde pas spécifiquement le viol conjugal, elle a beaucoup à dire sur la relation entre mari et femme et sur la manière dont celle-ci reflète l’union entre le Christ et l’Église (Éphésiens 5:32).

Tout d'abord, le viol n'est pas une question de sexe. En réalité, le sexe n'a que peu de rapport avec cela. Le sexe devient une arme, un moyen d'atteindre le résultat souhaité, qui consiste à submerger, dominer, embarrasser et humilier une autre personne. Tout rapport sexuel non consenti est un viol, qu'il ait lieu dans le cadre du mariage ou de toute autre relation. La plupart du temps, le viol conjugal survient dans le cadre d'une relation marquée par la violence physique. Depuis une loi de 2006 renforcée en 2010, la législation française reconnait explicitement le viol au sein du couple comme un viol aggravé.

Certaines personnes croient qu’une femme doit accepter d’avoir des relations sexuelles avec son mari à tout moment et qu’elle n’a pas son mot à dire en la matière. Certains détournent 1 Corinthiens 7:3-5 pour soutenir l’idée erronée selon laquelle une femme ne peut jamais dire à son mari qu’elle souhaiterait reporter les rapports sexuels pendant un certain temps. Certains hommes croient que le mari a le droit, donné par Dieu, de simplement " prendre " sa femme, malgré les objections de celle-ci. Bien sûr, " prendre " sans son consentement est un viol conjugal, et Dieu ne tolère jamais le viol. La vérité est que l’expression sexuelle a été conçue par Dieu pour être un acte d’amour au sein du couple, et la violence ou la contrainte ne devraient jamais en faire partie. Les relations sexuelles forcées ne sont pas de l’amour ; c’est tout le contraire. La Bible est claire : "Maris, aimez votre femme et ne vous aigrissez pas contre elle."(Colossiens 3:19).

La Bible nous donne plusieurs principes sur ce à quoi les relations sexuelles sont censées ressembler au sein du mariage :

1. Les relations sexuelles doivent honorer Dieu — Nos corps sont destinés à glorifier le Seigneur, et non à être contrôlés par nos passions ni utilisés pour l’immoralité sexuelle (1 Corinthiens 6:12–13). "Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps." (1 Corinthiens 6:20).

2. La sexualité doit être exclusive — La sexualité est réservée au mari et à la femme uniquement (1 Corinthiens 7:2).

3. La sexualité doit être aimante et tournée vers l’autre — 1 Corinthiens 7:3-4 enseigne : " Que le mari rende à sa femme l’affection qu’il lui doit et que la femme agisse de même envers son mari. Ce n’est pas la femme qui est maîtresse de son corps, mais son mari. De même, ce n’est pas le mari qui est maître de son corps, mais sa femme."

Chaque conjoint cède avec amour son corps à l’autre.

4. Les relations sexuelles conjugales ont lieu régulièrement — "Ne vous privez pas l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vous consacrer [au jeûne et] à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente à cause de votre manque de maîtrise." (1 Corinthiens 7:5).

5. Les relations sexuelles conjugales unissent — L’intimité sexuelle unit le mari et la femme (1 Corinthiens 7:5) et renforce l’aspect " une seule chair " du mariage, non seulement physiquement, mais aussi émotionnellement, intellectuellement, spirituellement et à tous les autres égards.

Les relations sexuelles conjugales sont censées honorer Dieu, être exclusives, aimantes, tournées vers l’autre, unificatrices et mutuellement consenties (1 Corinthiens 7:5). Tout ce qui se fait sexuellement, et quel que soit le moment où cela se produit, doit faire l’objet d’un accord total entre le mari et sa femme. Ni le mari ni la femme ne devraient être contraints de faire quelque chose avec lequel il ou elle n’est pas absolument à l’aise.

Malheureusement, on conseille parfois aux victimes de viol conjugal de " s’y résigner ". Trop souvent, ces femmes entendent qu’elles devraient être reconnaissantes que le violeur soit un bon père ou un bon pourvoyeur, ou quelque chose de ce genre, et qu’il est de leur devoir de se " soumettre " dans la chambre à coucher. Cependant, une telle façon de penser encourage la criminalité et une conception non biblique de la sexualité. La sexualité devrait être plus qu’un " devoir ", et la " soumission " dans la chambre à coucher ne peut être considérée comme le complément de la contrainte.

Il ressort clairement de la Bible que la réciprocité règne dans la chambre à coucher. Selon 1 Corinthiens 7:1-5, un mari doit procurer une satisfaction sexuelle à sa femme, et une femme doit procurer une satisfaction sexuelle à son mari. Une femme n’a pas d’autorité sur son propre corps, et un mari n’a pas d’autorité sur son propre corps. Ils s’appartiennent l’un à l’autre. Cela signifie-t-il qu’un mari peut forcer sa femme à avoir des relations sexuelles chaque fois qu’il le désire ? Certainement pas. Ce que ce passage enseigne, c’est que chaque conjoint doit se soumettre à l’autre de manière volontaire, libre et aimante. Il s’agit de donner de la satisfaction, et non de l’exiger. L’accent est mis sur le fait de faire plaisir à son conjoint. Il n’y a aucune place pour l’égoïsme. Prendre de force ce qui n’a pas été offert est mal et va clairement à l’encontre des commandements bibliques sur l’amour et le mariage.

Un message aux victimes : si quelqu’un a déjà eu des relations sexuelles avec vous sans votre consentement, veuillez demander de l’aide. Si vous êtes actuellement en situation d’être contraint ou contrainte d' avoir des relations sexuelles, ou si les relations sexuelles non consenties constituent une pratique régulière entre vous et une autre personne, appelez la police et sortez de cette situation dès que vous pouvez le faire en toute sécurité. Il n’y a absolument rien de mal à appeler la police contre un conjoint ou un partenaire — le viol est illégal et immoral, et il doit être traité par les forces de l’ordre.

Si vous avez besoin d’aide mais que vous ne vous trouvez pas aux États-Unis, vous pouvez accéder à une liste de ressources internationales pour les victimes d’agression et de viol ici : https://rainn.org/get-help/sexual-assault-and-rape-international-resources.

Aux victimes de viol conjugal, la Parole de Dieu offre réconfort et compassion. La Bible parle souvent de l’aide que Dieu apporte aux nécessiteux et aux personnes vulnérables. Jésus invite les victimes de crimes et ceux qui portent un fardeau à venir à Lui pour trouver du soutien : Jésus a dit : " Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et courbés sous un fardeau, et je vous donnerai du repos." (Matthieu 11:28).

À ceux qui ont commis un viol conjugal, premièrement, repentez-vous de votre péché devant Dieu. Deuxièmement, demandez pardon à votre conjoint pour le grave tort que vous lui avez causé. Troisièmement, cherchez un conseiller pieux qui pourra vous guider vers une vision biblique du mariage et de la sexualité. Vous avez besoin de la grâce de Dieu et, heureusement, Dieu est disposé à vous l’accorder (1 Jean 1:9).