Question

Je suis marié(e) à un(e) alcoolique. Que dois-je faire ?

Réponse
L'alcool : diabolisé par certains, idolâtré par d'autres. Si la Bible n'interdit pas formellement la consommation modérée de boissons alcoolisées, elle contient toutefois des avertissements inquiétants quant à notre propension à nous laisser tromper par les boissons fortes (Proverbes 20:1). Les alcooliques ont été trompés par les promesses de l’alcool et sont devenus prisonniers de la bouteille. Lorsqu’un alcoolique est marié, toute la famille se retrouve également piéger contre son gré. Puisque la Bible ne considère pas l’alcoolisme comme un motif valable de divorce, que doit faire le conjoint d’un alcoolique ?

Une personne mariée à un alcoolique actif comprend bien ce proverbe :

" Pour qui les " ah " ?/ Pour qui les " hélas " ?Pour qui les disputes ?/ Pour qui les plaintes ?Pour qui les blessures sans raison ?Pour qui les yeux rouges ? Pour ceux qui s’attardent/ auprès du vin, pour ceux qui vont déguster/ du vin mélangé. Ne regarde pas le vin/ parce qu’il est d’un beau rouge et qu’il fait des perles dans la coupe : il s’avale d’un trait et il finit par mordre/ comme un serpent, par piquer comme une vipère." (Proverbes 23:29–32).

L’un des problèmes est que les conjoints d’alcooliques peuvent avoir adopté eux-mêmes certains schémas dysfonctionnels, contribuant ainsi à la dépendance persistante de l’alcoolique. En un sens, les conjoints sont eux aussi co-dépendants de l’alcool, car celui-ci est devenu le troisième membre de leur union. Avant qu’un mari puisse aider sa femme dépendante, il doit lui-même retrouver la santé, et il en va de même pour la femme d’un mari dépendant. Le conjoint devra peut-être solliciter l’aide d’un professionnel pour identifier les domaines dans lesquels il ou elle favorise l’alcoolisme.

Une caractéristique susceptible d’entraver le désir d’un alcoolique de s’en sortir est la tolérance de son conjoint. Tolérer une habitude mortelle chez son conjoint n’est pas faire preuve d’amour. Le véritable amour recherche le bien de l’autre (1 Corinthiens 13:4–8). Il n’est pas dans l’intérêt d’une personne d’être contrôlée par l’alcool. La tolérance détourne le regard lorsque le conjoint rentre ivre à la maison. La tolérance s’indigne face aux mensonges répétés, mais ne fait rien pour y remédier. La tolérance peut s'insurger et crier à propos de l’argent manquant, des absences inexpliquées ou des accidents de voiture, mais ne prend aucune mesure pour remédier à la situation. La tolérance envers le comportement alcoolique a le même effet qu’une approbation ouverte.

Parfois, les conjoints sobres maintiennent l’alcoolique dans l’esclavage en minimisant les conséquences. Certaines personnes croient que minimiser les conséquences du péché d’autrui, c’est faire preuve d’amour. Payer la caution pour faire sortir un conjoint de prison, appeler le patron et mentir sur la raison du retard de l’alcoolique, ou dissimuler les beuveries pour sauver la face sont autant de moyens par lesquels un conjoint peut chercher à minimiser les conséquences que le comportement alcoolique a entraînées. Mais Dieu utilise les conséquences pour nous enseigner. Lorsque nous retirons les conséquences à quelqu’un qui les a méritées, nous risquons de priver Dieu d’un outil qu’il souhaite utiliser pour lui enseigner une leçon importante. Il est difficile de voir un être cher subir des conséquences négatives, mais c’est peut-être la chose la plus aimante que nous puissions faire.

Lorsqu’un conjoint chrétien est prêt à changer une situation insupportable, il doit d’abord rechercher la sagesse auprès du Seigneur (Jacques 1:5). Chaque situation familiale est différente ; c’est pourquoi un conjoint doit rechercher des conseils pieux et la parole du Seigneur, car il faudra du courage et du soutien pour aller jusqu’au bout. Jésus veut que son Église aide à porter les fardeaux les uns des autres (Galates 6:2). Un conjoint sobre qui souhaite sincèrement apporter un changement au sein de la famille fera appel à des conseillers dignes de confiance et recherchera l’accompagnement pastoral (Jean 10:10).

Une étape importante consiste à reconnaître que ce combat n’est pas le vôtre ; c’est celui du Seigneur (2 Chroniques 20:15). Le conjoint alcoolique n’est pas votre ennemi. Il ou elle est sous l'emprise du véritable ennemi, Satan (Romains 6:16). L’alcool n’est qu’un appât que Satan utilise pour piéger une personne imprudente. Tout comme un poisson mord à un gros ver suspendu dans l’eau, les humains mordent aux promesses alléchantes que Satan leur présente. Aucun des deux ne se rend compte que l’appât n’était pas le véritable objectif. L’hameçon était la raison d’être de l’appât. Lorsque Satan parvient à accrocher notre esprit en le déformant par la drogue ou l’alcool, il peut contrôler nos actions. Éphésiens 5:18 nous met en garde contre l’ivresse du vin et nous invite à être remplis du Saint-Esprit. C’est lui qui doit avoir le contrôle. Éphésiens 6:12 nous rappelle que le combat est contre les puissances des ténèbres, et non contre la personne qu’elles contrôlent.

Il s’agit ensuite d’établir des limites saines au sein du foyer. Un conjoint chrétien peut faire savoir à l’alcoolique qu’il ou elle est aimé(e), mais que ce comportement destructeur ne sera plus toléré. Les ultimatums sont difficiles, mais parfois nécessaires pour aider le conjoint dépendant à comprendre ce qui va se passer. La menace imminente de perdre ce qu’il ou elle aime peut enfin motiver un alcoolique à chercher de l’aide. Les limites ne sont pas des agendas personnels égoïstes. Ce ne sont pas des préférences tatillonnes. Ce sont des règles de vie saines et sages qui créent une atmosphère de paix, d’amour et de joie. Par exemple, un conjoint chrétien peut informer avec amour la famille que, puisque l’ivrognerie est un péché, personne ne sera ivre dans la maison (1 Corinthiens 6:10). Tous les membres de la famille doivent respecter ces règles, et si l’alcoolique refuse, il ou elle est libre de partir.

Si le divorce est un dernier recours, la séparation physique ne l’est pas. 1 Corinthiens 7:15 peut s’appliquer dans cette situation. Après avoir enjoint aux maris et aux femmes de ne pas divorcer, Paul a écrit : " Si le non-croyant veut se séparer, qu’il le fasse ; le frère ou la sœur n’est pas lié dans un tel cas. Dieu nous a appelés à vivre en paix."

Lorsqu’un conjoint chrétien fixe des limites raisonnables au sein du foyer qui interdisent l’ivresse, l’alcoolique est libre de partir s’il ou elle ne respecte pas ces limites. Si la situation devient explosive, le conjoint sobre ne doit pas avoir peur d’appeler la police. Parfois, un séjour en prison permet de ramener une personne à la raison.

Si le conjoint alcoolique reste au foyer, il ou elle doit s’inscrire à un programme de sobriété tel que les Alcooliques Anonymes . Si possible, le conjoint sobre devrait également y assister pour apporter son soutien et ses encouragements. Une thérapie de couple peut également s’avérer utile pour aider le couple à construire un avenir libéré des effets de l’alcoolisme. Tous deux devront changer les schémas destructeurs qui les maintenaient dans l’esclavage. Si le conjoint sobre avait l’habitude de boire avec modération, il serait alors sage d’éliminer toute consommation d’alcool de leur vie à tous les deux. 1 Corinthiens 8:12-13 donne aux chrétiens un fondement pour le renoncement à soi-même au profit des autres : "En péchant ainsi contre les frères et sœurs et en blessant leur conscience, qui est faible, c’est contre Christ que vous péchez. C’est pourquoi, si un aliment représente un piège pour mon frère, je ne mangerai jamais de viande afin de ne pas faire trébucher mon frère."

Il n’existe pas de solution unique pour les familles d’alcooliques ; le conjoint doit donc rester dans un esprit de prière tout au long de ces décisions difficiles. L’objectif doit être de créer une atmosphère pieuse au sein du foyer. Cela ne s’applique pas uniquement à l’alcool. Notre musique, nos films, nos magazines et d’autres formes de divertissement contribuent également à l’atmosphère d’un foyer. Nous devrions parcourir nos maisons en examinant attentivement les domaines que nous avons peut-être gardés hors de portée de Dieu. Si nous fixons des limites à l’alcoolique, nous devons également nous les imposer à nous-mêmes. L’idée que Jésus se présente à votre porte vous plonge-t-elle dans la panique ou vous remplit-elle de joie ? Le but de la vie de disciple chrétien est de vivre chaque jour de telle sorte que, si Jésus se présentait à l’improviste, notre première réaction serait de dire : " Je suis tellement heureux que tu sois là ! Entre et reste un moment ! "