Question

Qu’est-ce qu’un congé sabbatique pastoral ? Les pasteurs devraient-ils prendre un congé sabbatique ?

Réponse
Le terme " sabbatique " provient du mot " sabbat ", lui-même issu du terme hébreu signifiant " septième ". Puisque toute œuvre était interdite et que le repos était prescrit le jour du sabbat (Exode 20:8-11), le mot " sabbat " a progressivement été associé dans la tradition chrétienne à l’idée de repos plutôt qu’au chiffre sept ou au jour du samedi.

Dans le langage courant, un congé sabbatique est une interruption temporaire de l’activité professionnelle qui permet à la personne de changer de rythme et de revenir à son poste avec un cœur renouvelé et une efficacité accrue. Ce temps peut également être mis à profit pour travailler sur d’autres projets afin de faire progresser sa carrière, pourvu que cette démarche s’inscrive dans une recherche de la volonté de Dieu et serve le bien commun. Il se distingue des simples vacances, car, bien que le rythme change, l’activité demeure une forme de travail. Par exemple, un professeur peut solliciter un congé sabbatique d’une année afin de se consacrer à l’écriture et à la recherche, tâches qu’il ne pourrait accomplir s’il enseignait à temps plein.

Certains pasteurs prennent également des congés sabbatiques. La plupart ne sont pas en mesure de prendre une année complète, mais beaucoup peuvent consacrer environ un mois par an à la prière, à l’étude des Écritures et à la préparation de leurs sermons pour l’année à venir. Pendant cette période, ils s’éloignent généralement du bureau de l’église et se déconnectent quelque peu des préoccupations quotidiennes, ce qui leur permet de se consacrer à d’autres aspects de leur ministère. Bien entendu, de nombreux pasteurs de petites églises ont rarement l’occasion de prendre des vacances, et encore moins un congé sabbatique prolongé.

Bien que la Bible ne mentionne pas explicitement les congés sabbatiques pour les pasteurs, cette pratique s’avère opportune et salutaire. Un tel congé peut devenir un temps de régénération pour le pasteur, et l’Église en bénéficiera également. Si l’Église hésite à rémunérer son pasteur pour " un mois de congé ", qu’elle se souvienne qu’un congé sabbatique n’est pas des vacances, mais une retraite spirituelle au cours de laquelle le pasteur se consacre à la prière, à l’étude des Écritures et au renouvellement de son ministère, pour le bien de la communauté et le sien propre. Le pasteur poursuivra son ministère, et si cette période lui permet en outre de partager des moments de qualité avec sa famille, que ce soit dans un chalet de montagne ou dans une maison en bord de mer, cela ne fera qu’accroître la bénédiction.

Un congé pastoral s’avère pleinement sage sur le plan pratique, et même les petites Églises auraient tout intérêt à veiller à ce que leur pasteur dispose de temps pour se renouveler spirituellement, étudier sans être dérangé et planifier à long terme. Tous les pasteurs ont besoin d’un lieu qui leur permette de s’éloigner des exigences apparemment sans fin qui pèsent sur leur temps et leur énergie. Il est sage d’insister pour qu’un pasteur prenne occasionnellement des vacances afin de partager des moments avec sa famille. Il serait également utile de reconnaître qu’il a besoin de temps pour lui-même et pour les siens en soirée et le week-end.