Question

Quel est l’objectif du baptême ?

Réponse
Il n’existe aucun passage du Nouveau Testament qui expose de manière explicite le but du baptême. Par conséquent, afin de déterminer cet objectif, il convient de rassembler les enseignements de divers textes ainsi que de tenir compte du contexte culturel du premier siècle.

Le terme grec baptizó, traduit en français par " baptiser ", signifie littéralement " plonger, immerger ou submerger ". Il évoque ce qui advient d’une personne en train de se noyer ou d’un navire qui sombre (Beasley-Murray, G., " Baptism ", New International Dictionary of New Testament Theology, vol. 1, Colin Brown, éd., Zondervan Pub., 1975). Dans l’usage ecclésiastique, toutefois, ce terme désigne un rite sacré propre à l’Église, par lequel le croyant est plongé dans la mort et la résurrection du Christ. Malheureusement, il arrive que la pratique rituelle se détache de la richesse de son sens originel, invitant chaque communauté à veiller jalousement sur la cohérence entre le signe et la grâce qu’il véhicule.

Dans l’Église catholique romaine, les bébés sont " baptisés " (aujourd’hui par aspersion, tandis qu’autrefois c’était par immersion) afin de " laver " le péché originel. Au fur et à mesure qu’il grandit, l’enfant devra néanmoins affronter les péchés qu’il commettra ; toutefois, selon le dogme catholique, le péché originel a été effacé, ce qui lui ouvre la voie de la justification par la grâce et lui donne la possibilité d’accéder au paradis.

Dans les Églises réformées, les bébés sont " baptisés " (aspergés d’eau) en signe de la Nouvelle Alliance. Ce rite est le symbole de la foi des parents et de leur intention d’élever leur enfant dans un foyer chrétien. Il est considéré comme l’équivalent de la circoncision dans l’Ancien Testament. Dans l’Ancien Testament, lorsque l’enfant était circoncis, il ne pouvait pas exprimer son choix ; ce rite marquait la volonté de ses parents de le compter parmi le peuple d’Israël. De même, dans la théologie réformée, le baptême manifeste le désir des parents de voir leur enfant appartenir à l’Église, corps du Christ.

Certaines Églises considèrent le baptême comme la première étape d’obéissance et comme nécessaire au salut. Dans ces Églises, le baptême ne " sauve " pas l’individu, mais l’initie simplement à une vie à la suite du Christ et est nécessaire au salut final. Vu sous cet angle, le baptême n’est pas très différent du concept catholique romain. D’autres Églises considèrent le baptême comme un acte d’obéissance au Christ, mais pas comme nécessaire au salut.

La plupart des baptêmes mentionnés dans le Nouveau Testament sont ceux de Jean-Baptiste, celui qui baptise. Dans le judaïsme de l’époque, cette pratique n’était pas courante ; toutefois, les païens qui se convertissaient au judaïsme étaient effectivement baptisés. Lorsque Jean invitait les Juifs à la repentance et au baptême, il les appelait à reconnaître leurs péchés, à renoncer à leur héritage afin d’être accueillis par Dieu, et à se convertir. En venant à lui pour être baptisés, ils confessaient ainsi qu’ils n’étaient pas meilleurs que les païens.

Le but du baptême de Jean-Baptiste éclaire la raison pour laquelle les chefs religieux ont refusé d’y prendre part. " Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le fleuve Jourdain, confessant leurs péchés. Mais quand il vit venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit : " Race de vipères ! Qui vous a averti de fuir la colère à venir ? Produisez donc des fruits dignes de la repentance. Et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père”, car je vous déclare que Dieu peut, à partir de ces pierres, faire naître des enfants à Abraham." (Matthieu 3:5-9).

Bien que le baptême de Jean ne soit pas identique au baptême chrétien, il en constitue néanmoins le fondement. Au premier siècle, lorsqu’une personne répondait à l’appel du Christ avec foi et était baptisée au nom de Jésus, elle renonçait à sa propre justice et à son héritage religieux au profit de Jésus comme moyen de salut. Cela était évident pour les convertis juifs du premier siècle, mais sa signification est souvent perdue pour les chrétiens culturels du XXIe siècle. Au premier siècle, le baptême constituait l’étape finale par laquelle le croyant s’identifiait publiquement au Christ et à son Église, s’exposant ainsi à la persécution. Avant d’être baptisé, l’individu pouvait éprouver de la curiosité ou même soutenir la communauté ecclésiastique de diverses manières ; toutefois, il n’était pas encore considéré comme un véritable disciple du Seigneur. Le baptême scellait donc son engagement absolu envers le Christ.

Le baptême est le rite qui identifie publiquement une personne comme disciple du Christ, c’est-à-dire comme chrétien. Il fait partie des dernières instructions données par le Seigneur à ses disciples : " Allez donc, faites des disciples de toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit " (Matthieu 28:19). Lorsque les premiers convertis accueillaient l’Évangile, le baptême constituait leur réponse publique et immédiate (voir Actes 2:38-41 ; 8:12 ; 10:47-48).

Dans le Nouveau Testament, le baptême symbolise la résurrection et la purification. Le symbole ou le rite n’accomplit pas une nouvelle vie ou une purification spirituelle, mais il est une illustration extérieure de la réalité intérieure. Lorsqu’une personne est immergée dans l’eau puis en ressort, cela représente de manière visible le fait de mourir à l’ancienne vie et de ressusciter avec le Christ. C’est également une image de purification, car il semble que tel était le contexte du baptême juif des convertis païens. En même temps, le baptême constitue le rite public d’initiation à l’Église et une confession publique d’identification au Christ dans sa mort et sa résurrection (voir Romains 6:3-4).

En nous appuyant sur la signification du terme grec baptizó, sur le symbolisme de la résurrection et sur le fait que chaque emploi de ce mot dans le Nouveau Testament suppose ou implique l’immersion comme mode de baptême, nous concluons que l’immersion, et non l’aspersion, constitue la forme de baptême la plus conforme aux Écritures. Si l’aspersion d’eau peut évoquer un lavage, elle ne constitue guère une représentation visible de la résurrection. Puisque le baptême représente une réalité spirituelle dans la vie de la personne qui le reçoit, seuls les croyants constituent des candidats appropriés à cette ordination.