Question

Qui était Pélage ?

Réponse
Pélage était un moine laïc (non ordonné) du Ve siècle. Il est né quelque part en Grande-Bretagne, mais a fini par s'installer à Rome. Là, il a attiré des disciples grâce à sa piété et à sa vertu, qui étaient, de l'avis général, vraiment remarquables. Pélage est devenu un enseignant itinérant de la moralité. Il a constaté que les habitants de Rome ne s'intéressaient pas beaucoup à la piété et à la moralité. Il estimait que le problème était dû à l'influence d'Augustin et à ses enseignements sur la grâce de Dieu.

Pélage est surtout connu aujourd'hui pour son enseignement hérétique, désormais appelé pélagianisme. Pélage niait le péché originel et enseignait que chaque personne naissait moralement neutre : nous sommes capables de pécher, mais aussi de ne pas pécher. Pélage affirmait que les êtres humains tombaient dans le péché en choisissant de suivre l'exemple d'Adam. Les gens peuvent être sauvés en suivant l'exemple du Christ plutôt que celui d'Adam. Si la grâce est utile, enseignait Pélage, elle n'est pas nécessaire pour qu'une personne atteigne la vie éternelle ; l'exercice de son libre arbitre suffit. De cette manière, Pélage niait l'expiation substitutive du Christ.

Face au déni de Pélage quant à la nécessité de la grâce de Dieu, Augustin releva le défi et combattit cet enseignement : Augustin mit l'accent sur la nature pécheresse de l'homme, l'asservissement de la volonté au péché et le don de la grâce de Dieu en Christ.

Pélage était soutenu par Nestorius, l'évêque hérétique d'Antioche, mais il fut excommunié par l'évêque de Rome (en 417) et condamné lors d'un des conciles de Carthage (en 418). Plus tard, les enseignements de Pélage et de Nestorius furent condamnés lors du concile d'Éphèse. On ne sait pas grand-chose de Pélage après son excommunication. Certains pensent qu'il se rendit à nouveau à Rome, d'autres pensent qu'il partit en Égypte ou en Palestine où il est mort.

Peu après la condamnation du pélagianisme, une nouvelle hérésie est apparue, appelée semi-pélagianisme, qui enseigne que le salut est le fruit d'un effort conjoint entre la grâce de Dieu et le libre arbitre humain. Bien que cette position ait été officiellement condamnée lors du concile d'Orange, elle semble être une position vers laquelle gravite l'humanité déchue. Si l'Église catholique et les Églises protestantes condamnent toutes le semi-pélagianisme, une évaluation franche des pratiques de nombreuses Églises et une analyse des croyances des « fidèles » révèlent que le semi-pélagianisme est bien vivant aujourd'hui.